L’institut national de prévention et d’éducation pour la santé  a  lancé sur le territoire national une gigantesque campagne de désinformation sur la dépression de l’adulte,  avec spots télé , spots radio, un guide diffusé à un million d’exemplaires, des dépliants ; les médias y ajoutent ; interviews, témoignages, photos 

Des enquêtes ? Il  y en a très peu, ou pas de tout.   Ce matraquage   sans précédent  a pour but d’imposer 7 thèses 

  1. Que la dépression existe ; 
  2. Que c’est une maladie; 
  3. Qu’elle ne cesse de gagner du terrain dans la société au point d’être devenue un problème de santé publique 
  4. Qu’elle est donc à  soigner de toute urgence ; 
  5. Qu’elle se soigne par la médication et le conditionnement ; 
  6. Que la dépression n’a pas de dimension  existentielle ; 
  7. Que la psychanalyse n’est pas un recours possible : 

D’énormes moyens financiers provenant des caisses de l’Etat non sans la contribution, au moins indirecte, des laboratoires, ont été mis au service de la promotion unilatérale de ces 7 thèses, toutes hautement contestables.  En face de cette déferlante médiatique  il  y a quoi ?  Plus de dix mille psychanalystes en  France pour enrayer la « dépression partout ». 

Il y a bien un enjeu de santé publique, et c’est la prévention des  tentations suicidaires. Elle concerne les adultes et les enfants de plus en plus jeunes. 

Combien d’énergie faudra-t-il dépenser pour faire saisir que le passage à l’acte (auto-et-hétéro agressif) a une logique, que la psychanalyse  a éclairée ? Pour FREUD , la tristesse , ce n’est pas un dysfonctionnement organique  qui en est responsable c’est la vérité. La  tristesse est souvent lucide. Elle est légitime quand il y a deuil. Quand elle devient symptôme, elle le demeure, tant que reste « baîllonné » le désir qu’elle enserre . Ce symptôme , qui est intime, est en même temps connecté au malaise de la société, à ses prescriptions de  savoir et de pouvoir sans limite. 

Réduire l’humain à une chaîne de neurones et de neurotransmetteurs, ce n’est pas seulement le réduire à la servitude, c’est le condamner à une dépression définitive . 

 .Christiane Plantier Babled         Psychanalyste

   A propos de santé…et d’une propagande reçue dans  les  boîtes   

Les recherches sur le cerveau ont-elles tant progressé ces dernières années que la conception de l’homme  en serait bouleversée ? Le corps ne serait-il plus qu’une « machine » dont il suffirait de réparer les rouages en cas d’avarie ? Les sentiments comme l’amour, la tristesse, le désir, des créations comme la poésie ne seraient-ils plus qu’une question d’hormones et de connexions nerveuses ? Quant à l’activité psychique, les rêves, l’inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient -ils ?

                Il suffit de lire les fascicules concernant  la  DEPRESSION,  offerts au grand public, destinés à nous éclairer sur une « maladie  si répandue », pour saisir à quels points les diverses approches proposées restent descriptives et empiriques. Peut-être conviendrait-il de s’interroger sur cette propagande, en effet des milliers de professionnels de santé, psychiatres, psychanalystes, psychologues, ont alerté les  médias et la population sur une dérive éventuelle du marché des médicaments psychotropes. La revue « Prescrire » a organisé  un débat sur la surconsommation des psychotropes en France et le rôle joué par les laboratoires. Faut-il  rappeler que la France est le champion du monde des antidépresseurs, neuroleptiques et autres psychostimulants ? Jugez plutôt !

                Une étude menée par le Dr Erick TURNER, psychiatre et pharmacologue (université de l’Orégon, Etats-Unis ) révèle que des publications sélectives peuvent conduire les médecins et les patients  à croire que ces médicaments sont plus efficaces qu’ils ne le sont vraiment: un résultat susceptible d’influencer les  prescriptions.            

En fait tout n’est pas si simple que cela,  hélas ! On ne peut pas guérir d’une dépression uniquement avec des médicaments. L’aide médicamenteuse ne suffit pas. Le patient  avec l’aide d’un professionnel formé à l’écoute peut se sentir aller vers un meilleur état de santé dès lors qu’il a conscience que son psychisme est à prendre en compte (Sur ce point précis, combien d’heures de formation sont-elles données à nos futurs médecins ?). C’est cette prise en compte du psychisme de chaque individu, dans le cadre de ce « dialogue singulier », qui est  de nature thérapeutique. Nous pouvons  nous méfier de l’interprétation de cette brochure qui glorifie une approche empreinte de cognitivisme et entretient le mirage que tout peut être médicalisé et guéri, la douleur d’exister, la souffrance morale jusqu’au deuil.

Christiane Plantier-Babled – Psychanalyste et Coach

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