Lorsque nous recevons des chefs d’entreprise dans nos séminaires de management, nous ne manquons jamais de les confronter à leur processus de décision, notamment à la part qu’ils y prennent et à la prise de conscience de l’instant de leur intervention personnelle dans la décision. Ceci doit être connu de leur équipe pour éviter toute surenchère dans le domaine du  pouvoir, de l’ascendance et de l’influence sur le « chef ».

Pour cela nous utilisons le tableau suivant :

Décision traditionnelle 

Décision en incertitude 

 - Choix tranchant

 - Enchaînement de rendez-vous

 - Un moment unique : un acte

 - Une activité itérative : constituée d’un enchaînement de décisions de second rang

 - Une décision prise par un acteur légitime

 - Une décision engageant un réseau d’acteurs diversifié selon les responsabilités

 - La décision est validée par l’autorité scientifique ou politique.

 - La décision est réversible, ouverte à de nouvelles informations ou à de nouvelles formulations de l’enjeu.

Que déduire de ce tableau ?

Le modèle traditionnel semble « consistant » et incomplet puisque dès le départ chacun sait que la « bonne décision » sera prise par l’autorité légitime, sensée tout savoir.

La plupart des décisions importantes de la précédente municipalité était de ce type : la ZAC des pêcheurs avec la décision de construire 11 immeubles d’une résidence de tourisme au bord du courant, le parking sur la dune, la Cité du bois dont le projet répondait à la possibilité de rééditer Marquèze en bord de mer en se faisant financer en grande partie  par des subventions d’Etat. Le dossier n’a été élaboré que par une ou deux personnes, en guise de partenaire privé obligatoire on trouve l’association qui gère l’espace où se trouve l’usine des déchets, et la décision finale a été prise par l’initiateur du projet, l’autorité politique  »légitimes » de l’époque.

Le modèle de décision en incertitude est complet et plus inconsistant car la décision semble prise par un groupe, après concertation avec divers protagonistes qui y sont impliqués. La décision, dès qu’elle est prise, parait de nouveau sujette à discussion en fonction d’une nouvelle donne possible.

La décision de « Remettre à plat » le chantier de la cité du bois consiste sans doute à réexaminer la décision qui a été prise selon le mode traditionnel en la soumettant au mode de décision en incertitude. Revoir les enjeux en donnant la priorité à l’emploi, en intégrant tous les autres projets ZAC des pêcheurs, Hournails dans un projet d’urbanisme durable et y intéresser des partenaires privés locaux qui n’ont pas été consultés.

Cette voie n’est pas la plus confortable pour ceux des élus attachés au mode de décision traditionnelle (colonne de gauche).

Qu’ils se rassurent:

  •  In fine, aucune décision n’échappera au fait que c’est l’autorité légitime qui devra trancher.

  •  N’oublions pas que la légitimité d’un vote, de nos jours, doit être entretenue par chaque élu en établissant des liens constants avec les électeurs qui sont également des contribuables.

Oh ! surprise !

Exercer le pouvoir serait-ce avant tout rendre compte (et rendre des comptes) dans un esprit de réciprocité général qui favorise le lien social ?

B.Babled 

 

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