Au-delà des slogans de campagne qui ont permis d’envisager un autre fonctionnement, les décisions publiques vont donc exiger un autre mode de concertation. En interne après un management de type autoritaire, centralisé, auquel tous les employés de mairie sont habitués, il va donc falloir instaurer un management décentralisé avec des délégations. On sait aussi, dans ce cas là,  que la prise de responsabilité par les personnes au plus bas de l’échelle se fait difficilement. Il faut qu’une confiance s’instaure et pour cela que l’initiative soit valorisée.  En même temps, la prise de risque doit être réduite grâce à un contrôle interne qui permette d’éviter les erreurs. Plusieurs mois et des formations adaptées sont souvent nécessaires pour y arriver. D’ici là, aura-t-on droit à quelques pièges tendus par les déçus du régime précédent ?  C’est à craindre.

Le problème des effectifs peut-il être ignoré ? La mairie de Mimizan emploie près de 350 personnes, celle de Biscarrosse 250 pour 5000 habitants de plus. « Pas question de changer l’organigramme » nous a-t-on dit pendant la campagne, sans augmenter le chômage, « Nous sommes venus avec l’objectif d’améliorer l’emploi, grosse défaillance de l’équipe précédente ». Peut-on imaginer d’être en sureffectif et accepter, comme il a été dit par la toute nouvelle opposition « vous verrez bien, mais la masse salariale augmentera de 6 % tous les ans ! ». Quelle entreprise privée admettrait ce chiffre comme une fatalité ? La taxe d’habitation payée sur les résidences secondaires nouvelles devrait servir à financer l’investissement, pas les frais courants.

Quel challenge, dans ce cas là, proposer au personnel de Mairie ? Ne peut-on pas fixer un niveau de qualité des services rendus et créer une dynamique interne permettant de valoriser les talents ? C’est, sans doute, une organisation complète à mettre en place. Contrairement aux idées reçues, un personnel stimulé contrôlé et valorisé est plus heureux que celui qui se trouve en surnombre. L’esprit de « service au public » s’accommode bien de ce management responsabilisant. Quoiqu’il en soit, la différence entre 2 sociétés de services se mesure à la qualité de la gestion des ressources humaines. Il en va de même dans les services publics.

Enfin le choix des bonnes compétences au bon endroit est un problème compliqué à résoudre tant la variété des compétences doit être grande pour gérer une Mairie. Souvent, dans une liste d’élus, certains, sachant mieux se mettre en valeur que d’autres, se voient confier des postes exécutifs sans en avoir vraiment l’expérience ni les compétences. Ceux-là n’ont pas non plus forcément la disponibilité suffisante ou l’envie. Il faut alors apprendre à travailler avec les bonnes volontés extérieures ou encore acheter les compétences où elles se trouvent…D’où l’importance des réseaux pour débrouiller les problèmes non maîtrisés. 

Je n’ai pas parlé de la prise de responsabilité dans une administration gérée depuis 20 à 30 ans par les mêmes personnes lorsque le témoin change de main. Les audits faits n’ont souvent pas été exploités. Ils peuvent révéler des faiblesses voire des défauts graves. Il est souvent conseillé de lancer tout de suite des audits dans les domaines financiers, juridiques et informatiques. Il serait étonnant que le cas ne se pose pas pour la Mairie de Mimizan.

B.Babled  

 

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